Réseau de coordination médico-sociale périnatal
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SOLIPAM S’EXPRIME – partie 13 : Le parcours résidentiel en panne

En 2021, l’ARS et la DRIHL IDF lancent un dispositif global de prise en charge des femmes en situation de rue enceintes ou sortantes de maternité. Maillage partenarial, articulation du réseau périnatalité et ouverture de places d’hébergement d’urgence supplémentaires avec notamment l’ouverture de Centres d’Hébergement d’Urgence (CHU) pour femmes sortantes de maternité : l’objectif est de fluidifier les sorties de maternité et, surtout, d’éviter un retour à la rue à ces femmes et à leurs nouveau-nés.

Selon la Drihl, l’hébergement d’urgence se définit par une durée d’hébergement courte, dans la mesure où il a pour objectif d’orienter la personne vers un mode de prise en charge adapté à ses besoins. Mettre à l’abri, protéger et stabiliser dans l’attente d’une solution adaptée. Voilà la mission d’un Centre d’Hébergement d’Urgence (CHU).

En théorie, le parcours est simple : rue, hôtel, CHU, dispositifs d’insertion et/ou logement autonome. En pratique, il est bloqué.
Lorsque les solutions de sortie manquent car tous les dispositifs sont saturés, le CHU cesse d’être un sas. Il devient un lieu de vie.

Mais l’urgence n’est pas faite pour durer. Vivre dans un CHU, c’est vivre dans un espace qui n’a pas été pensé pour cela.

C’est élever ses enfants dans une chambre, parfois partagée. C’est voir cette chambre devenir trop petite lorsqu’un nouvel enfant naît et risquer une fin de prise en charge. C’est partager les espaces communs, composer avec les contraintes du collectif, sans jamais pouvoir réellement s’installer : il est difficile de se sentir chez soi dans un lieu qui, par définition, n’a jamais été pensé pour être habité.

Le temporaire qui dure est toujours délétère. Le temps de la stabilisation laisse souvent place à celui de la stagnation, avec la menace permanente d’un retour en arrière. Les familles peinent à s’ancrer dans leur environnement et à se projeter. Comment construire son quotidien lorsque l’on sait qu’une orientation peut, du jour au lendemain, conduire ailleurs et obliger à tout recommencer ? Il leur est non seulement impossible de s’inscrire dans l’ici et maintenant mais aussi de se projeter vers l’avenir, même à moyen terme. Pour des femmes au parcours traumatogène et présentant pour beaucoup des syndromes psychotraumatiques, cette impossibilité de se tourner vers l’avenir aggrave une situation psychique déjà très précaire.

Le problème n’est pas que les familles entrent en CHU. Les équipes y accomplissent un travail essentiel. Le problème est qu’elles n’en sortent plus. Le CHU a été pensé comme un sas. Lorsque le sas devient un lieu de vie, ce n’est plus l’urgence qui répond à la crise, c’est la crise qui s’installe dans l’urgence.

En 2024 et 2025, seulement 17% des femmes accompagnées par SOLIPAM bénéficient d’une place en CHU à la sortie du dispositif.

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