Réseau de coordination médico-sociale périnatal
En Ile-de-France

Réseau de coordination médico-sociale périnatal
En Ile-de-France

Réseau de coordination médico-sociale périnatal. En Ile-de-France

SOLIPAM S’EXPRIME – partie 16 : Quand la vie s’arrête avant de commencer.

Témoignage d’une assistante de service social à SOLIPAM :

« Au réseau SOLIPAM, certaines situations nous prennent parfois de court. Comme ce jour où en parcourant ma to-do list de la semaine, je vois apparaître le nom de cette femme pour laquelle j’avais indiqué la période où nous devions reprendre contact.  

Comme prévu, je l’appelle mais pas de bruit.
Uniquement des pleurs.
C’est là que je commence à comprendre.
Elle me dit : « je l’ai perdu. Je me suis réveillé et je ne l’ai pas senti bouger. Je suis allée à l’hôpital et on m’a dit d’accoucher d’un mort-né ». 
 

Puis elle reprend : « je vous avais dit que je n’allais jamais réussir à avoir d’enfant. J’ai 35 ans maintenant et ça fait trop longtemps que j’attends ».   

Prise de court, je l’écoute et la laisse se vider.  

Cette femme a subi une mort fœtale in-utero en 2025 et une fausse couche spontanée en 2024.  

En tant que professionnelle d’un réseau de coordination médico-social, pour des personnes en grande précarité, j’ai automatiquement ressenti de la frustration et de la tristesse…  

Le travail à SOLIPAM est riche en tous sens car il fallait, là, accompagner cette femme d’une manière différente et répondre à son souhait : « je veux enterrer mon enfant, je ne souhaite pas l’incinérer gratuitement comme me le propose l’hôpital ».
De ce fait, nous avons dû agir dans un temps déterminé.

Toutefois, comment accompagner une femme sans droit sur le territoire français dans ce cadre ? 

Il a fallu trouver une solution dans un délai court, ce qui a été clairement impossible.
Cette situation m’a alors amené à me questionner : q
ue se passe-t-il lorsque la précarité administrative vient s’ajouter à un deuil déjà difficile à traverser  ?  

J’étais en colère de savoir que même dans une situation aussi dramatique, la réponse des organismes que j’ai pu solliciter était « nous n’aidons pas les sans-papiers ».  

Sans droit = sans importance, car même quand il s’agit de la mort, nous pouvons remarquer une inconsidération des sans-papiers. L’État ne cesse de leur imposer des décisions contre leur gré — par exemple, ici, l’incinération sans frais.  

Sans oublier toutes ces femmes qui ont vécu une ou plusieurs fausse(s) couche(s) ou encore ces femmes qui ont fait une IVG (contre leur gré ou non) sans être soutenues par la suite, alors même qu’elles en avaient besoin.  Et ces situations ne sont pas isolées.

Les données recueillies au sein du réseau en témoignent : 
En 2025, sur 270 femmes, 116 femmes ont vécu une période en situation de rue au cours de leur suivi par le réseau. Quarante (40) de ces femmes déclarent un antécédent de fausse couche tardive, une mort fœtale in utero ou un décès néonatal précoce. Car oui, les conditions de vie instables impactent sur la grossesse, sur la santé de l’enfant à naître et sur la santé mentale de ces femmes.  

Derrière ces chiffres, ce sont des parcours de vie, des deuils et des personnes qui ont besoin d’être accompagnées. »

Perte de confiance en soi, désespoir, isolement, etc. Face au deuil périnatal, comment garantir à chaque femme, chaque famille  et chaque personne, quelle que soit sa situation administrative, un accompagnement adapté ?   

_____________________________________________

15 octobre 2026 : c’est la journée mondiale de sensibilisation au deuil périnatal 

 

Bien que cette journée ne soit pas inscrite dans le calendrier républicain et qu’elle ne soit pas une journée officielle de l’ONU, elle est largement observée dans de nombreux pays par des associations, des établissements de santé ou encore des familles. 

Il a fallu attendre la loi n° 2021-1576 du 6 décembre 2021 pour avoir la possibilité de donner un nom à un enfant né sans vie. 

Depuis 2010, les actions françaises se sont multipliées  : marches, conférences, campagnes de sensibilisation, groupes de parole, etc.

Professionnels du médical et du social, bénévoles, continuons à nous mobiliser et faire entendre la voix des personnes sans droits. Nous avons pour mission de les soutenir et de les accompagner. Avec persévérance, nos actions peuvent contribuer à faire évoluer les pratiques et les politiques publiques.  

Luttons pour que, dans les moments de grande vulnérabilité, aucune décision ne soit imposée aux personnes concernées.
Nous devons tous pouvoir bénéficier des mêmes droits et être considérés avant tout comme des citoyens à part entière.
 

Formulaire de contact

* Mention obligatoire.
En validant ce formulaire vous acceptez notre politique de confidentialité.

Formulaire de contact

* Mention obligatoire.
En validant ce formulaire vous acceptez notre politique de confidentialité.